Histoire de la base

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Ancienne tour de contrôle allemande de la base qui, pour des raisons de vétusté et de sécurité, a été abattue en septembre dernier.

Ce sont les Allemands qui ont établi un aérodrome à Chièvres pendant la Première Guerre Mondiale. Cet aérodrome consistait en une simple piste sur l’herbe et un hangar. Il fut abandonné en octobre 1918 après que la Jasta 18 s’en fut pour un champ au sud ouest de Waterloo. Les fermiers démolirent le hangar et la piste se réintégra dans des prairies et des champs de betteraves.

 

Début 1939, alors que des bruits de bottes menaçaient à nouveau l’Europe, le gouvernement belge décida d’y établir un aérodrome de diversion. L’égalisation des terrains commença mais elle avait à peine progressé quand l’Armée allemande envahit le pays en 1940.

Le 19 mai, les Allemands prirent possession de l’aérodrome.

 

Des chasseurs ME-109 allemands s’y établirent avant d’être envoyés vers des bases aériennes françaises dans le courant du mois de juin. La Luftwaffe entama des travaux sur la base et, en peu de temps, 9.000 ouvriers travaillèrent à la construction de hangars, pistes, dépôts, abris, radars, batteries antiaériennes, etc.

 

La base atteint son apogée en 1943, avec 7.000 membres de la Luftwaffe et, à certains moments, 250 à 300 bombardiers.

En septembre 1940, la Force Aérienne Italienne arriva avec ses bombardiers et chasseurs. Ils subirent d’énormes pertes au-dessus de l’Angleterre et furent rappelés le 10 janvier 1941 pour le front Méditerranéen. Les Allemands firent ensuite venir leur escadron de bombardiers 6 (KG 6) sur des JU-88 moyens et plus tard, la version améliorée, le JU-188. Divers autres bombardiers et chasseurs étaient également basés à Chièvres, tout comme les premiers chasseurs et bombardiers de combat à réaction de la Luftwaffe.

 

Les Alliés ont lancé des centaines de tonnes de bombes sur la base de Chièvres entre 1940 et 1944. Bien que les dégâts fussent importants, la base resta opérationnelle. Les Allemands ont même utilisé la route de Mons à Ath comme piste. La base fut bombardée 31 fois durant le mois d’août 1944. Une semaine après la libération, 1.500 ouvriers belges travaillèrent à sa réfection. Au mois d’octobre, la base était à nouveau opérationnelle pour les avions américains et britanniques. Partant de la base de Chièvres, ils fournirent le support aérien pour la Bataille des Ardennes, la vallée du Rhin et d’autres missions en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre.

 

Finalement, c’est au mois de décembre 1945 que le U.S. Army Air Corps remit la base à la Force Aérienne Belge. Ce furent des avions de type Meteor, Hunter, F-84 et transporteurs C-119 qui prirent leur envol de Chièvres entre 1947 et 1967.

 

Chièvres devint également la base des Diables Rouges, l’équipe acrobatique belge. Le 7ième Wing de la Force Aérienne belge fut désactivé en 1967.

La même année, au mois de mars, le U.S. Army NATO/SHAPE Support Group (NSSG), connu aujourd’hui sous le nom de U.S. Army Garrison Benelux, vint de Paris pour s’installer sur la base aérienne et la Caserne Daumerie. Son état-major s’y trouve toujours aujourd’hui. La U.S. Air Force, Europe (USAFE) y établit aussi un détachement du 52nd Fighter Wing.

 

De nos jours, le 424th Air Base Squadron dirige les opérations de la base et fournit le support à l’OTAN, au SHAPE, au Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe (SACEUR) et à la USAFE.