Le patrimoine

"BONNE VILLE DE CHIEVRES" (1406)

[Voir le plan]

Des traces d'occupation préhistorique ont été relevées sur tout le territoire de Chièvres et plus précisément lors des fouilles de sauvetage préalables au chantier du TGV.

 

La localité a été touchée par la romanisation, mais des fouilles n'ont pu être entreprises pour localiser la villa aux abords du centre urbain. Le toponyme Neuville en est un indice confirmé par la fouille d'un puits romain.

 

Chièvres, déjà cité par Eginhard en 828, possédait un atelier monétaire en 877, sous le roi carolingien Charles le Chauve. La partie du pagus de Brabant dont elle faisait partie fut rattachée au comté de Hainaut au milieu du Xième siècle.

 

La famille de Chièvres possédait un très vaste alleu. Son dernier membre connu, à la fin du Xllème siècle, fut Eve de Chièvres à qui nous devons l'édification de l'hôpital Saint-Nicolas, aujourd'hui disparu et des chapelles de la Ladrerie et de Saint-Jean.

 

A son décès, son alleu fut partagé entre ses fils issus de deux mariages, Rasse VII de Gavre et Nicolas IV de Rumigny. En 1194, ceux-ci accordèrent à la communauté une charte-loi, qui est le plus ancien document établi en langue d'oïl.

 

Le comte de Hainaut, Jean d'Avesnes, acheta la part des Rumigny en 1289, maison 1428, Jacqueline de Bavière la céda à Antoine de Croy, qui réunit dans ses mains l'ensemble de la seigneurie. Celle-ci passa en 1683 dans celles des Egmont et au XVlllème siècle dans celles des Pignatelli.

 

Dotée d'une enceinte castrale au Xllème siècle, le bourg reçut une fortification urbaine dès 1365. Son expansion fut favorisée par la création d'un marché en 1336, d'une foire aux chevaux en 1363, d'une draperie en 1389, ce qui lui promettait un bel avenir. Mais les pestes de 1349 et 1414, les incendies de 1436, 1459 et 1476, le rôle politique et militaire joué par Ath et les méfaits des guerres des XVlème et XVllème siècles brisèrent son élan.

 

Alors que le chemin médiéval passait près de la Ville (rue d'Ath, rue de Mons), la construction plus au nord, au XVlllème siècle, de la chaussée d'Ath à Mons l'écarta des échanges commerciaux.

 

Rendez-vous à CHIEVRES, rue d'Ath, sur le parking de l'Atelier Social" Moulin de la Hunelle " (restauration possible 068/65.72.82).

 

Petite visite guidée du patrimoine chièvrois

 

1. La Chapelle de la Ladrerie.

 

Monument classé le 30 juin 1953

 

La lèpre fut un terrible fléau jusqu'au XVllème siècle. Une léproserie fut établie hors les murs par Eve de Chièvres entre 1167 et 1181. Il n'en subsiste que la chapelle romane" de la Ladrerie ", comportant une nef sur plan rectangulaire de la fin du Xllème siècle prolongée d'un coeur romano-ogival du tout début du Xlllème siècle.

 

Encore en usage en 1588, elle fut abandonnée et l'on ne parla plus dès 1718 que de la " ferme de la Ladrerie ". Cette ferme et les champs environnants étaient repris en 1844 à l'Atlas des Chemins Vicinaux sous la propriété de " l'hospice de Chièvres " ancienne appellation de l'actuel CPAS.

 

Suivre la rue d'Ath en direction de la ville, bifurquer à droite vers la rue de Condé, prendre à gauche le Sentier d'orange pour aboutir à l'Avenue Albert 1er

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2. La Tour de Gavre et les remparts NORD

 

Monument classé le 12 novembre 1954 dominant le site des remparts en voie de classement.

 

Elle est percée de trois canonnières destinées à recevoir la petite artillerie de défense. Elle s'élève sur quatre niveaux, un sous-sol, un rez-de-chaussée, un étage et un comble. L'étroite salle du rez est dotée d'une cheminée. A l'étage, des baies sont percées pour le guetteur. L'enceinte bâtie à cet endroit sur un promontoire est renforcée à sa base par un fossé représenté sur une gouache de l'Album de Croy.

 

Pénétrer dans le parc Notre-Dame de la Fontaine par son allée centrale longeant le rempart, jusqu'à la fontaine, suivre l'escalier à droite.

 

3. La Chapelle Notre-Dame de la Fontaine.

 

Rue Notre-Dame de la Fontaine.

 

La tradition rapporte qu'une statue miraculeuse de la Vierge était fixée sur un sureau au bord d'une fontaine. Une chapelle y fut construite par Eve de Chièvres. Elle fut un " sanctuaire à répit" où l'on présentait les enfants mort-nés dans l'espoir qu'un ultime souffle de vie permettrait de les baptiser. Plusieurs fois démolie et rebâtie, la chapelle nous apparaît aujourd'hui dans le style néo-gothique en vogue dans les années 1890-1893.

 

Se diriger à droite vers l'église toute proche.

 

4. L'Eglise St-Martin.

 

Monument classé le 9 novembre 1949

 

Il existait un sanctuaire antérieur, attesté en 1108, dont nous n'avons pas conservé la trace. L'église était le siège d'un très vaste doyenné jusqu'en 1559.

 

Elle fut bâtie dans le deuxième tiers du XIVème siècle, sur un petit promontoire au bord de la Petite Hunelle, en arrière de la Tour de Gavre. Fort modifiée au XVlème siècle elle conserva cependant son plan antérieur. Elle est un des plus beaux sanctuaires du gothique hainuyer. Les incendies et les bombardements lui firent de grands outrages qui nécessitèrent de coûteux travaux. Ainsi le clocher fut restauré en 1705 après le bombardement de 1684.

 

L'intérieur, dont l'ample espace est éclairé par de larges verrières, abrite de magnifiques pierres tombales, des fonts baptismaux et un lutrin du Xvème siècle, une croix trimphale et du beau mobilier.

 

Suivre la rue du Château, vers la Grand'place.

 

5. La Grand'place et le château d'Egmont.

 

L'étendue considérable de la Grand'place témoigne de l'espoir de développement de la Ville lors de sa formation au XIVème siècle. Son destin n'allait pas le confirmer. L'hôtel de ville (n° 1) achevé en 1783 est un édifice de style Louis XVI, dont la façade d'abord enduite a été cimentée. De ses cinq travées celle du centre est surmontée d'un fronton, d'une horloge et d'un clocheton.

 

L'ancien refuge de l'abbaye de Vicoigne (n° 10) de 1507 est une belle demeure de briques avec soubassement, cordon-larmier, encadrement de pierre.

 

Les n° 7, 8, 15, comme d'autres immeubles aujourd'hui recouverts de ciment ou de chaux, témoignent de cette architecture hainuyère des XVlème-XVlllème siècles qui a dû donner l'image de l'aisance sinon de l'opulence.

 

Les n° 16-17 forment le château dit d'Egmont (monument classé le 3o juin 1945). C'est le manoir édifié par Charles de Croy en 1560. Il occupait peut être l'emplacement de l'ancien donjon seigneurial, dont les matériaux ont servi à construire la porte Notre-Dame après 1415. Le corps principal en pierre de taille, avec un avantcorps précédé d'un escalier sur la deuxième travée, est complété à l'arrière d'un aile perpendiculaire contemporaine, et à droite d'une extension datée de 1700.

 

Le n° 18 est l'ancienne maison des Oratoriens établis à Chièvres en 1626 et leur première fondation en Hainaut. C'est un grand bâtiment du début du XVlllème siècle, remanié au XIX siècle.

 

Suivre la rue Saint-Jean, place Saint-Jean prendre à gauche la rue de la Chapelle et découvrir au bout d'une drève :

 

6. La Chapelle Saint-Jean-Baptiste.

 

Monument classé le 1er juin 1945.

 

Harmonieux oratoire bâti au sud du bourg, à l'initiative d'Eve de Chièvres entre 1160 et 1170 en faveur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, plus tard de Malte. Nef romane prolongée par un choeur presque identique, la chapelle a connu bien des vicissitudes, notamment sa désaffectation et sa vente en 1797.

 

Passée finalement dans le patrimoine de la ville, elle fut ébranlée par les bombardements du champ d'aviation en 1944 et restaurée en 1958.

 

Sur la gauche, vous apercevez la terrée boisée du rempart sud et les fossés marécageux s'étendant entre le rempart et la petite Hunelle. Outre quelques célébrations religieuses, la chapelle sert de cadre à des manifestations artistiques et culturelles (feux de la Saint-Jean,...).

 

Reprendre la rue jusqu'aux deux immeubles à appartements, soit prendre le sentier au bout de la voirie intérieure, en direction de la Petite Hunelle ou poursuivre jusqu'à la grande ferme toute proche à gauche.

 

7. La ferme de Calbreucq.

 

Ferme typique sur plan rectangulaire des XVllème et XVlllème siècles où s'articulent la grange, les écuries, les étables et la demeure dominée par un colombier.

 

Poursuivre la rue de la Chapelle, jusqu'au carrefour avec la rue Victor Gévas, prendre le chemin à gauche et traverser la Petite Hunelle, croiser une petite chapelle, dite Chapelle Saint-Joseph dédiée à Notre-Dame des Champs et se diriger à nouveau vers la Ville par ce chemin longeant les installations de l'Aérodrome.



Le patrimoine architectural de notre bonne ville mérite le détour. Par rues, chemins et sentiers, prenez donc le temps de visiter Chièvres et ses faubourgs pour y découvrir des témoins de son histoire civile et religieuse rappelant son riche passé médiéval. 


Sources (textes et plan): Wegener-Unijep SA